Pas d’expansion de l’État fouineur

Chaque fois qu’une attaque terroriste a lieu dans une ville européenne ou nord-américaine, les politicien‑ne‑s, de gauche à droite, appellent à plus de surveillance, en particulier des personnes de confession musulmane ou d’origine nord-africaine. Plus de surveillance n’amène pas à plus de sécurité, mais à une limitation massive de notre liberté. En outre, les mesures de surveillance acclamées échouent régulièrement.

überwachungsstaat

Après les attaques terroristes du 11 Septembre 2001 aux Etats-Unis, comme après les attentats de Paris du 13 novembre 2015, de nouvelles opportunités ont été mises en place pour les services secrets et la police, afin de surveiller non seulement les suspect‑e‑s, mais également des citoyen‑ne‑s ordinaires. Les politicien‑ne‑s de gauche à droite, de George W. Bush à Barack Obama, de Nicolas Sarkozy à François Hollande, ont préconisé ces mesures et ont promis à leurs électeurs et électrices une plus grande sécurité. Cependant, et notamment à l’occasion des attentats de Paris, il semble que les gens oublient que l’appareil de renseignements français avait déjà des pouvoirs étendus, et que malgré cela, il a été impossible d’empêcher les attaques.

De plus, selon le «Spiegel», sept des huit terroristes étaient déjà connus des autorités et soupçonnés d’être des islamistes violents. Ils ont, en outre, communiqué par SMS de manière non cryptée, et ce, bien que les autorités surveillent ces moyens de communication. Le cerveau de l’attaque, Abdelhamid Abaaoud, avait annoncé dans le « Dabiq », le journal officiel de propagande de l’EI, qu’il séjournait en Belgique et préparait une attaque et ce, malgré qu’il soit surveillé par la police. Les autorités avaient ainsi toutes les cartes en main pour prévenir ces attaques, mais n’ont cependant pas été en mesure de filtrer les données réellement pertinentes.

Dans le même temps, les politicien‑ne‑s, de l’UDC au PS, appellent à une plus grande surveillance par l’État. Avec la nouvelle Loi sur le Renseignement (LRens), toutes les personnes en Suisse seront surveillées, et non plus uniquement les criminel-le-s (potentiel-le-s). Écoutes téléphoniques, lecture des e-mails, messages Facebook, Whatsapp et SMS, de même que la surveillance d’Internet par mots-clés, sont autant de moyens de surveillance aléatoire de masse. Les données personnelles de toutes les personnes résidant en Suisse seront enregistrées, même si ces personnes n’ont rien à se reprocher.

Le service de renseignement passe alors d’une autorité de sécurité défensive à un appareil offensif de la police secrète, extérieur au cadre de l’État de droit. Le contrôle démocratique par le peuple est aussi minime que la transparence. Les affaires des fiches, lors desquelles des centaines de milliers de citoyen‑ne‑s avaient été surveillé‑e‑s, ne devraient pas être oubliées. Sans compter le fait qu’aujourd’hui déjà, avec le Ministère public de la Confédération et les autorités policières cantonales, des autorités bien formées et au bénéfice de ressources substantielles sont déjà responsables des enquêtes sur les activités terroristes et le crime organisé. Elles disposent des moyens nécessaires et d’une surveillance légale. Toute surveillance supplémentaire par l’État, sans soupçon concret, nuit à l’État de droit et à la démocratie.

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