Marche de Pâques

6 avril 2026

Discours de Sheldon Masseraz

Tout d’abord merci aux organisatrices et organisateurs pour cette marche!

Merci également à vous toutes et tous pour votre participation à cet événement, car ça

compte énormément, surtout en ces temps où la guerre est une réalité quotidienne pour

des millions de personnes.

C’est toujours immensément douloureux de voir et de savoir qu’une part importante de

la population du globe est constamment opprimée et subit presque quotidiennement

des bombardements et des violences de toutes sortes.

Mes pensées vont à toutes les victimes de ce monde violent et militarisé, qui est le

résultat d’une vision politique militariste, colonialiste et suprémaciste, portée par

certains dirigeants politiques.

Ces dernières années, le discours militariste n’a cessé de croître.

Des dizaines de pays participent désormais à la course à l’armement et dépensent des

milliards dans de l’équipement militaire, parce que “la situation géopolitique” l’exige.

Les dépenses militaires atteignent des sommes dont l’ampleur est tellement insensée,

qu’on se demande comment il est possible qu’une telle situation puisse arriver.

Et malheureusement, la Suisse fait également partie des pays qui mènent cette politique

militariste.

Le Conseil fédéral et les partis de droite nous répètent à longueur de journée que l’armée

serait trop faible, qu’il faudrait recruter plus de soldats et qu’il faudrait investir des

dizaines de milliards en plus dans le l’équipement dont l’utilité reste encore à définir.

Dans le même temps, le Conseil fédéral décide de réduire de plusieurs centaines de

millions de francs le budget dédié à la coopération internationale et à la promotion de la

paix.

Et pourtant nous le savons toutes et tous, c’est bien cet outil là, la promotion de la paix à

l’échelle internationale, qui est essentiel et réellement efficace pour apaiser la situation

géopolitique actuelle.

Mais pour notre parlement à majorité bourgeoise, ce qui compte le plus, c’est renforcer

une armée qui est déjà en sureffectif.C’est aussi continuer d’investir dans de l’armement, comme des avions de combat

dysfonctionnels et surdimensionnés pour notre pays.

Et surtout c’est voter des lois militaristes qui ne respectent ni le droit international, ni

notre propre constitution.

Le premier exemple est la nouvelle loi sur le matériel de guerre, qui a veut faciliter les

exportations d’armes depuis la Suisse. Si cette loi entre en vigueur, nous n’aurons plus

aucun contrôle sur les armes que nous exportons, et cela viole notre neutralité et le droit

international.

Heureusement, grâce au référendum lancé par le GSsA, nous aurons une chance de

stopper ça ! Je me réjouis déjà que ce référendum soit déposé tout prochainement.

L’autre exemple de la politique militariste que mène le parlement, c’est la modification

de la loi sur le service civil.

Et cette loi est particulièrement problématique, car elle viole le droit constitutionnel de

refuser de servir dans l’armée en cas de conflit de conscience.

Et l’objection de conscience est non seulement un droit fondamental, mais c’est aussi un

acte de résistance pacifiste et antimilitariste important. Et aujourd’hui, exercer ce droit

signifie accomplir un service civil profondément utile pour la société, dans des domaines

où les ressources en personnel manquent, comme la santé, l’éducation ou l’agriculture.

Là aussi nous aurons l’occasion de dire NON à cette loi, puisque nous, jeunes vertes et

verts, avons lancé, avec le soutien d’une large alliance, un référendum contre les

modifications prévues. Et c’est pour bientôt puisque nous voterons le 14 juin prochain

sur le sujet.

Et concernant la campagne de votation, j’ai une petite anecdote. Sur l’un de nos futurs

matériel de campagne figurera, en allemand, la phrase bien connue „Stell dir vor, es ist

Krieg und keiner geht hin“. En français: “Imagine, c’est la guerre et personne n’y va”.

Je crois qu’on a toutes et tous ici très envie que cette phrase se manifeste vraiment.

Mais si je mentionne cette anecdote c’est pour vous dire que la paix, et vous le savez

sûrement, c’est bien plus que l’absence de guerres ou de conflits armés.Pour mettre en place une paix durable, il faut aller au-delà du simple refus de la guerre et

de la militarisation de notre société.

La paix passe d’abord par l’adoption d’une approche féministe, comme le montre si bien

l’organisation Frieda.

La paix passe par une meilleure protection des femmes face à toute forme de

violences, tout comme elle passe par la lutte contre les mouvements masculinistes, par

la promotion de l’empathie et par l’éducation à l’égalité des genres.

La paix signifie aussi renforcer la démocratie, notamment en multipliant les processus

participatifs comme les assemblées citoyennes, où chacune et chacun peut discuter

dans un cadre sain, afin de déterminer quels sont nos besoins fondamentaux et dans

quelle direction nous souhaitons aller.

Enfin, la paix passe forcément par une refonte totale de notre système capitaliste.

Continuer ainsi, en exploitant toujours plus de ressources limitées et en laissant une

poignée de milliardaires accumuler toujours plus de richesses, ne peut que générer de

l’oppression et des guerres supplémentaires.

En travaillant sur ce type de solution, nous nous dirigeons vers un monde paisible, et ça

c’est porteur d’espoir.

Et de l’espoir il y en a ici aussi !

Aujourd’hui à Berne, nous sommes nombreuses et nombreux à nous opposer à la guerre,

à la violence et à l’oppression!

Et partout dans le monde, la solidarité entre les peuples, pour la libération de tous les

peuples, grandit chaque jour.

Et ici comme ailleurs, nous continuerons d’exprimer pleinement toute notre solidarité

aux peuple palestinien, au peuple iranien, au peuple kurde, au peuple soudanais, au

peuple ukrainien, au peuple vénézuélien et à tous les peuples opprimés sur cette terre.

Car c’est uniquement quand tous les peuples seront libres et égaux que nous pourrons

véritablement construire un avenir paisible et durable.

Alors soyons pacifistes, aujourd’hui, comme demain !

Merci !