Marche de Pâques 2018

La prochaine marche de Pâques prendra place le lundi, 2 avril 2018. Avec la devise «Commerce équitable pour la paix» nous protestons contre l’injustice dans le monde.

Notre prospérité repose sur le fait que d’autres personnes doivent travailler dans des conditions que nous n’accepterions jamais pour nous-mêmes. Les biens de consommation, réalisés de manière injuste, sont produits pour nous. L’environnement local et mondial est pollué et dévasté au profit d’une production bon marchée. Cette grande injustice rend impossible la coexistence pacifique dans un contexte mondial. Avec la Marche de Pâques, nous vous invitons tous à contribuer à plus de justice et de paix.

Plus précisément:

  • Nous nous efforçons, en tant que consommateurs, à acheter des biens produits dans le respect social et écologique.
  • En tant que chefs d’entreprise, nous refusons l’exploitation économique de l’homme et de la nature, chez nous comme à l’étranger, et nous rendons les conditions de production des biens transparentes.
  • En tant que politiciens, nous nous engageons à mettre en place des réglementations contraignantes dans les législations nationales et internationales.
  • En tant que citoyens, nous disons «OUI» à l’Initiative « pour des entreprises responsables ».
  • Nous sommes tous prêts à partager notre prospérité et à la répartir plus équitablement. Nous voulons promouvoir la paix dans le présent et pour l’avenir.

Achetons social et écologique!

L’argument pour justifier la vente de fraises en janvier est connu: Les clients les demandent. C’est une réponse gratuite, mais elle contient une vérité: Ce ne sont pas que les entreprises et les patrons qui sont responsables pour promouvoir une économie équitable, mais nous le sommes tous, aussi le consommateur qui se considère innocent.

Il est vrai que trop de choses sont quasiment imposées au consommateur, comme par exemple l’emballage onéreux, encombrant et mal pratique. Toutefois, la décision d’acheter ou non appartient aux consommatrices et consommateurs. Nous sommes sous pression, mais nous sommes toujours libres d’acheter ou ne pas acheter, surtout lorsqu’il ne s’agit pas de produits de base ou lorsqu’il existe des alternatives.

L’obsession d’acheter au plus petit prix possible pour tout et n’importe quoi s’avère trompeuse et destructrice sur la durée, et pour le client et pour la planète.

La consommation et les achats sont motivés par les habitudes et celles-ci sont difficiles à changer. Or c’est ce changement qui sera nécessaire pour plus de justice et plus de durabilité.

La digitalisation favorise une concentration de la production et de la distribution. Plus de gens autour du monde consomment des produits d’un nombre de producteurs toujours plus petit, par quelques distributeurs gigantesques mais peu équitables. Cela a comme avantage que le choix et grand et les délais sont courts. Mais les conditions de travail de ces géants sont souvent mauvaises et les salaires insuffisants. Le fossé se creuse…

Cependant, il existe aujourd’hui de plus en plus de possibilités, surtout dans l’alimentation, de soutenir une économie plus juste, en achetant des produits provenants d’une production locale, écologique et durable.

Quelques pistes:

  • Comparer non seulement le prix, mais aussi la provenance, la qualité, la durabilité de la production.
  • Laisser l’emballage dans le magasin au lieu de l’emporter
  • Acheter dans le petit magasin local ou auprès du producteur
  • Préférer les produits du commerce équitable, comme ceux des magasins du monde.
  • Le commerce direct est de loin le plus durable et le plus équitable

 

 

Fractionner notre prospérité!

Nous tous faisons partie du système économique actuel. Ce système repose sur l’injustice. Quiconque a quelque chose à vendre cherche à le vendre au prix le plus élevé possible. Quiconque cherche à acheter, veut acheter le moins cher possible. Ni l’un ni l’autre est juste. Il serait juste de demander et de payer un prix équitable. Les organisations de commerce équitable s’occupent de cette problématique, bien qu’elles soient encore marginales. Leurs prix ne sont pas totalement équitables non plus. Voilà ce qui serait juste: quiconque fournit une prestation peut s’acheter la même chose, indépendamment du pays où il habite. Or nous sommes loin de là. La justice peut augmenter à partir du moment où nous sommes d’accord en tant que consommateurs et producteurs de payer davantage que ce que demande le « marché », voire demander moins que ce que permet le « marché ». La justice exige de la générosité. La justice a besoin de la disponibilité au partage. La justice a besoin de conditions cadres équitables dans le droit national et international. Nous qui vivons en occident profitons du système actuel. Or nous aurions la possibilité de nous comporter de manière plus juste et plus paisible au sein de ce système. Et nous aurions la possibilité de faire évoluer ce système davantage dans le sens de la justice et de la paix. Mais cela ne marche que si nous ne sommes pas essentiellement motivés par notre propre profit. Il y aurait d’autres motivations: l’amour du prochain, l’empathie, la politesse, la responsabilité. Ne serait-il pas beau de vivre dans un monde où tous ont assez pour vivre, où l’on ne doit pas tout le temps se méfier d’être trompé par des prix trop élevés ou trop bas, où l’on pourrait faire confiance et être rassuré de ce que chacun soit payé équitablement pour son travail? Ce monde là est possible. Il arrivera plus vite dans la mesure où nous y contribuons. Alors apportons notre part à un monde plus équitable, car la justice est le chemin vers la paix!

Marche de Pâques 2017

La prochaine marche de Pâques prendra place le lundi, 17 avril 2017. Avec la devise «Mon argent mène la guerre. Le soutien au commerce des armes par les fonds de pension et les banques doit cesser!» nous protestons contre le financement de l’industrie d’armement par la place financière suisse. L’argent suisse ne devrait plus être utilisé pour le financement du matériel de guerre et ainsi soutenir les guerres dans le monde entier.

Flyer Ostermarsch 17

Les fonds de pension et les banques suisses investissent chaque année des centaines de millions dans des entreprises d’armement. Celles-ci produisent du matériel de guerre, qui provoque des souffrances indicibles dans d’autres parties du monde. Les clientes et clients des institutions financières ne sont souvent pas informés de ces pratiques d’investissement. Celles-ci, malgré le grand volume financier qu’elles occasionnent, ne font que rarement les gros titres. Alors que certaines banques ont des codes d’éthique, ces résolutions n’ont cependant souvent aucun effet dans la pratique. Ainsi, plus de cinq milliards de dollars ont été investis par des banques suisses dans des sociétés d’armement depuis 2011, notamment pour la fabrication d’armes nucléaires et d’armes à sous-munitions. Et ceci, malgré que le financement de la production d’armes internationalement interdites soit défendu depuis février 2013. Ainsi, les institutions financières en Suisse investissent l’argent de leurs clientes et clients, souvent à leur insu, directement dans les guerres qui secouent le monde.

Avec la Marche de Pâques 2017, nous demandons donc:

• l’interdiction des investissements dans l’industrie de l’armement
• la transparence dans le comportement d’investissement des institutions financières
• la prise de responsabilité dans ses propres investissements

Pour l’intégration et non l’assimilation

En Suisse, 24% de la population possède un passeport étranger. Cela représente presque 2 millions de personnes. Elles vivent en Suisse, y travaillent, y paient des impôts, etc. La question de l’intégration est donc un sujet omniprésent et permanent de discorde dans les débats politiques, notamment quand ils portent sur la naturalisation. En Suisse, on exige toujours davantage de la population étrangère avant qu’elle soit considérée comme « bien intégrée » et acceptée. Cependant, des barrières légales et des obstacles pratiques s’élèvent dans le quotidien et des critères toujours plus stricts sont posés.

IntegrationL’intégration est un processus qui peut durer toute une vie. Elle se déroule de manière fortement individuelle et peut ainsi prendre les formes et les marques les plus diverses. Le processus a lieu en même temps à divers niveaux : social, intellectuel, culturel, mais aussi politique.

L’intégration est un phénomène complexe qui ne peut que mal voire pas du tout se mesurer et qui exige un maximum de respect et de tolérance. Elle a lieu au jour le jour, dans la cour d’école, au travail, dans les loisirs. Elle touche parfois à des aspects spécifiques au sexe, parfois à des questions de statut et de prestige, parfois à l’origine sociale d’un individu. Même si la notion d’intégration a avant tout des incidences dans le contexte de la politique sur les étrangers, elle concerne aussi d’autres groupes de population selon le domaine dans lequel s’inscrit la discussion. Les femmes, les marginaux, les personnes avec handicap, les enfants, mais aussi les banquiers ou les scientifiques sont également, comme les migrant-e-s, forcés, selon leur situation, de s’intégrer individuellement dans un système déterminé.

En Suisse, l’intégration est toujours plus utilisée comme un critère pour les autorisations de séjour. Cela signifie que lorsque les autorités sont appelées à établir ou prolonger une autorisation, elles tiennent compte d’abord du degré d’intégration de la personne concernée. De plus en plus, c’est une conception néolibérale de l’intégration qui s’impose : celle-ci est considérée comme une prestation que toute personne qui s’y efforce suffisamment pourrait fournir. Celui qui n’y parvient pas est lui-même fautif. Les structures économiques et sociales de l’exploitation, de la discrimination et de l’exclusion sont ignorées. Les obstacles qui barrent la route des migrants sont invisibles : seule compte leur responsabilité individuelle. La conséquence logique : celui qui respecte ne pas l’obligation de s’intégrer ne mérite pas de rester en Suisse, d’avoir un passeport suisse, etc.

Finalement, signalons qu’une intégration effective ne peut pas avoir lieu sans que certains droits soient reconnus et garantis. En effet, celui qui exige une participation à la vie de la société doit aussi la rendre possible et l’encourager ! Pour cela, nous devons lutter contre un certain nombre de discrimination juridiques, politiques et structurelles. Il s’agit notamment de mieux reconnaître les diplômes étrangers, de lutter contre le dumping salarial, et d’introduire le droit de voter et d’élire pour tous les étrangers au niveau communal, cantonal et surtout national. Nous avons besoin d’une politique migratoire qui reconnaissent les ressources des migrants, y compris des migrants extraeuropéens. Pensons notamment à la richesse linguistique que certains apportent avec eux ! Il est extrêmement important de pouvoir valoriser ce genre de compétences. Enfin, nous devons également défendre une pratique de naturalisation généreuse et non bureaucratique : le passeport ne doit plus être considéré comme une médaille qui vient récompenser une intégration réussie, mais comme une étape faisant partie de ce processus d’intégration.

Il est fondamental de se distancier d’une définition de l’intégration comme une forme d’assimilation. L’intégration est un processus réciproque, auquel participent les migrants mais également la société suisse. Par ailleurs, il est urgent de reconnaître que l’intégration ne pourra jamais avoir lieu sous la contrainte et la menace.